Dimanche matin, premier réveil au coeur de la forêt. Il est 8h, les crapauds se sont tus et ont laissé la place aux oiseaux du jour. Les courageux pêcheurs sont encore au lit, sauf Thierry qui ramasse du bois pour le feu du petit-déjeuner. La météo prévoyait de la pluie, le ciel est couvert et le vent souffle, mais pas de gouttes ! La journée est bien partie !

Un nouveau départ
On avait été gâtés pour les repas précédents, c’était à notre tour : Michaël et moi étions chargés des petits-déjeuners. Nutella, bagels, miel, confiture… vous qui nous connaissez imaginez qu’on ne s’est pas privés ! Les premiers bagels étaient un peu grillés, mais au bout de quelques essais, Michaël maîtrisait la technique ! Bien sur, on n’avait pas prévu le “cream cheese”, ni les jus d’orange… mais on y pensera la prochaine fois !
Après le ramassage des affaires et le rangement du camp, on était repartis pour une nouvelle journée de canot. Le vent soufflant de face, et soulevait des vagues sur le lac, la gang a choisi de redispatcher les canots. Nouvelles équipes : j’ai embarqué avec Guillaume pendant que Michaël prenait sa place dans le canot de Thierry. Et puis voilà, on a quitté notre premier camp pour affronter les éléments déchainés (mais on était loin d’imaginer ce qui nous attendait).
L’arbre à truites
La matinée a commencé fort, et mes pauvres épaules n’en pouvaient plus ! “On peut changer de coté ?”, demandais-je d’une voix implorante à mon coéquipier. “Non, on continue, je dois pagayer contre le vent“, rétorquait-il aussitôt, me faisant faire des efforts douloureux. Première pause sur une petite plage, je me suis écroulée sur le sable !
La suite a été plus calme, le vent soufflait moins sur le lac suivant, où les garçons se sont arrêtés pour pêcher. Michaël lançait sa ligne dans la forêt, puis partait en canot récupérer son lancer suivant, coincé entre deux pierres au fond du lac. Hugo a fait une belle prise, qu’il a accrochée à une branche (comme quoi Michaël ne se trompait pas trop en visant la forêt !)… et puis un à un, ils se sont désespérés, et ont fini allongés sur le sable, à boire une Labatt bleue à la santé des Québecois.
Au coeur de la tempête
Entre nous et le lunch de midi, il restait un obstacle de taille : un passage sans eau, qu’il fallait traverser… en portant les canots sur 800 mètres, par un petit chemin dans le bois. Dans le jargon, on appelle ça un portage. Pour faire court, on a commencé par décharger les canots, que Guillaume, Thierry et Hugo ont pris sur leur dos aussitôt (800m un canot sur les épaules… bravo les gars !). Il a ensuite fallu porter les bagages jusqu’à l’autre rive, et ça a pris deux voyages chacun. Mais bonne surprise, de l’autre coté, le temps de porter tout ça, il faisait beau et chaud, et on a pu enlever nos pilous ! Pendant qu’on s’occupait de notre linge, Guillaume a pêché SA truite (qui l’attend chaque année à cet endroit) : il est parti, et 5 minutes après elle reposait à coté des canots.
Cette accalmie n’était que l’oeil du cyclone, et pendant le lunch le vent s’est remis à souffler et le froid est revenu. De gros nuages apparaissaient, et on a tous (judicieusement) choisi de passer nos imperméables (vestes et pantalons). Peu sexy, je l’avoue, mais tellement pratique ! Le départ de la zone de lunch a marqué le début des difficultés : vagues, vent de face, un peu de pluie… un cocktail sportif ! Enfin, après une longue traversée en solitaires, on a fini par débarquer, et monter notre deuxième camp.
Un froid de huart
Arrivés au camp, il faisait froid, humide, et même au coin du feu je n’arrivais pas à me réchauffer ! Heureusement, j’avais 5 garçons pour s’occuper de moi ! On a mangé des spaghettis à la carbonara, puis on s’est couchés sous le vent et la pluie, après avoir fait griller des chamallows ! On avait aussi gouté au fameux “makotch” de Thierry (patisserie bulgare au pavot), et mangé du chocolat à l’orange. Plus tard dans la soirée, les 6 autour du feu, on avait raconté des histoires en finissant la Mirabelle…
Une deuxième nuit froide au fond de mon sac de couchage, avec les pilous de rechange de Thierry, les baskets de Guillaume et les chaussettes de Michaël. Un seul espoir : que le soleil revienne avec le jour. Une seule crainte : que le vent ait tourné pendant la nuit, nous obligeant à faire tout le chemin inverse par vent contraire !
















