Nous y voilà finalement (oui, on sait, on a mis le temps) : Chicago, dernière étape de notre voyage via les Grands Lacs. Chicago, le blues, l’architecture, Al Capone et les Incorruptibles, bien sur, mais par où commencer ? Au cours de ces quelques jours dans la Second City, on a vu tellement de choses, on a balladé nos backpacks dans tellement d’endroits, on a marché dans des décors dignes de belles fictions, à la rencontre de Batman et tant d’autres héros, dans les recoins obscurs sous le El… Mais je philosophe, je pense, je brode, alors que vous attendez mon histoire : je sens votre impatience ! Alors accrochez-vous bien, elle commence, cette histoire, dans une gare routière de Toronto à 8h du soir…

Notre arrivée à Chicago : une histoire de bus et de douane
Mardi 24 juillet, nous étions de nouveau dans une gare, assis au milieu de nos sacs et sachets. Pas question de se faire avoir, on avait prévu couvertures, oreillers (vive Ikea !) et ravitaillement pour le voyage qui nous attendait. En avance de 2 heures, on a tué le temps en observant la faune toujours surprenante d’une gare routière (familles nombreuses, paumés en tous genres, hommes d’affaires pressés, mesdames et messieurs pipi nonchalants…) et en vérifiant une bonne centaine de fois à quelle heure et sur quel quai partait notre bus. On s’est rapidement intégrés dans la line up du quai 5, et on a attendu patiemment après avoir difficilement fini par comprendre que les étapes du trajet s’écrivent dans l’ordre inverse à Toronto (d’abord le terminus puis toutes les étapes dans l’ordre entre le terminus et le départ). Grand rush, et en quelques minutes les bagages étaient dans le coffre, et tout le monde était installé à sa place. À 20h pile, le bus a démarré, et aucune pitié pour les retardataires qui couraient : on part à l’heure !
C’était une super aventure de parcourir les 800 km qui séparent Toronto de Chicago en bus Greyhound : avec nos sacs à dos, on se faisait l’impression d’être des routards sur le chemin depuis des mois, et on adorait ça ! Mais on a peu à peu réalisé qu’on allait passer 14h dans le bus… Et le trajet n’allait pas être sans embûches ! Une expérience inoubliable, à faire sans aucun doute, à renouveller surement pas !

Welcome in the USA!
Premier arrêt, la frontière entre le Canada et les Etats-Unis, à la hauteur de Buffalo. On s’approche du pont qui sépare les deux pays, et on passe la douane sans aucune formalité… Ravis, on est revenus de notre surprise rapidement : la douane canadienne nous avait laissés passer, mais arrivés à la douane américaine, tout le monde a du descendre du bus ! Il était 11h pm, les 50 passagers faisaient la file devant les bureaux de douane, et le chauffeur pestait en sortant un à un les bagages du coffre… Nous avons été accueillis aux Etats-Unis par un douanier tout à fait sympathique, étonné qu’on ne se rende pas au terminue de notre bus –New-York-, comme tout le monde, mais à Chicago. Il nous a parlé de la ville, du baseball, tout en remplissant nos papiers, prenant un instantané de nous avec sa webcam et nos empreintes digitales. Une demi-heure et 14 $ plus tard, on était de retour dans le bus, prêts à partir.

On a du changer deux fois de véhicule : à Buffalo et à Cleveland, à 3h du matin. Inutile de vous dire que le trajet fut long mais la nuit assez courte ! Surtout qu’on n’avait pas eu la chance d’être assis ensemble pour la dernière partie du trajet. Pour ma part, mon voisin a levé les yeux au ciel quand je me suis assiss à coté de lui, a jeté sa veste sur sa tête, s’est appuyé contre la vitre et n’a pas bougé de tout le voyage. Michaël était assis à coté d’un dormeur : sans bagages, sans veste ni pull, il a fermé les yeux en s’installant et a ronflé tout le long du trajet ! Aventures originales, sans parler de nos rencontres dans les gares et les arrêts café au milieu des champs, on a fini par arriver à Chicago à 10h du matin, épuisés, hagards et accompagnés de notre nouvelle amie espagnole. Pour rejoindre notre auberge de jeunesse, il fallait prendre le métro… On a bien réussi à trouver l’entrée, mais impossible de saisir un mot des instructions du préposé à la caisse ! Désespéré, il nous a indiqué une machine au bout du couloir. Désespéré et un brin goguenard, il est revenu 5 minutes après nous expliquer que celle-ci ne rendait pas de monnaie, mais rechargeait une carte qu’on conserverait pour tout notre séjour à Chicago. J’avais l’impression de ne plus parler anglais : je ne comprenais rien, que dalle !

Après un peu de marche sous une chaleur accablante, on est arrivés toujours hagards et transpirant (comme des porcs dans notre sleep) à l’auberge de jeunesse Arlington House, dans le quartier de Lincoln Park. À peine entrés dans notre chambre double, pas terrible terrible et sans air climatisé, on s’est jetés sur les lits pour une sieste indispensable.